Bien dans son cœur de parent*

Guérir les blessures émotionnelles du passé pour soi-même et pour ses enfants

Les tout petits sont fragiles et vulnérables, nous le savons bien…Mais eux aussi le ressentent de toutes leurs fibres. L’enfant ressent que sa survie dépend de l’adulte, donc il s’attache à lui, pas moyen de faire autrement…Quelle sera la qualité de cet attachement ? Et quelles en seront les conséquences ?

Il est essentiel de ne pas confondre la notion d’attachement avec celle d’attachement sécure, et d’en comprendre les conséquences pour le futur adulte. L’attachement sécure ne se limite pas à bien nourrir et à bien protéger l’enfant. Cela ne se limite pas à une présence chaleureuse et bienveillante, ni à la réponse à ses besoins. La sécurité de l’attachement ne dépend ni de tout ce que l’on fournit à l’enfant pour qu’il ne manque de rien matériellement, ni même de la disponibilité, de l’amour, de la bienveillance.

La sécurité de l’attachement dépend avant tout de la solidité, du calme, de la confiance en soi de l’adulte référent… Je veux dire de la sécurité émotionnelle vécue par le ou les parents. Des parents bienveillants, des parents aimants, c’est naturellement essentiel ! Mais ce n’est pas suffisant pour établir un socle de confiance en soi capable d’équiper l’enfant du meilleur des viatiques pour sa vie d’adulte.

Parents aujourd’hui, nous avons vécu une enfance plus ou moins bien accompagnée…Quels messages de vie nous ont été transmis ? « Respecte-toi » Ou bien « Respecte nous »? « Tu as le droit de te tromper » Ou bien « Tu es nul si tu fais une erreur » ? « Conserve ta liberté de pensée » ou bien « Sois conforme » ? « Tes émotions sont toujours vraies, il convient juste d’apprendre à les manifester de manière socialement acceptable » Ou bien « Tu n’as pas honte de te comporter ainsi  (Sauter de joie, pleurer de chagrin, avoir peur et, surtout, te révolter contre les injustices, comme on peut le faire quand on est un enfant, avec un cerveau encore bien immature) »?

Selon le cas, avons-nous acquis une base de confiance en nous sereine et calme, sommes-nous capables d’être conscients de nos capacités, de nos valeurs, de nos limites et d’avoir des aspirations conformes à ce que nous sommes ? On sait que l’enfant apprend bien plus par l’exemple que par l’injonction. Comment lui apprendre à vivre si nous sommes dans l’incapacité de montrer un exemple ?

   

Donner confiance à un enfant est selon moi la mission que devrait se donner tout parent ou tout éducateur…donc nous devrions avoir à cœur de guérir de nos blessures émotionnelles si nous en avons !

Comment ?

  • Comprendre avec bienveillance l’origine des comportements que nous n’aimons pas en nous mêmes, comprendre qu’ils sont la conséquence de blessures émotionnelles reçues dans l’enfance.
  • Se donner à soi-même les messages apaisants qui nous ont fait défaut: «Tu es acceptable, tu as de la bonne volonté, tu fais de ton mieux mais tu as le droit de ne pas être parfait; si tu t’es trompé, tu n’es pas nul ! Ne t’effondre pas et persévère dans l’amélioration, sans pression excessive. Conserve ta liberté de pensée et d’action et ne cherche pas à te conformer ou a plaire à tout prix ! Prends le temps de réfléchir et fais confiance à ton bon sens et à ce que tu ressens comme étant profondément juste. Accorde-toi de la disponibilité, prends soin de toi, apprécie à leur juste valeur tes réussites et tes efforts. Respecte-toi, tu en es digne.»
  • Bien entendu, donner les mêmes messages aux enfants. Car cela améliore considérablement les relations et fait beaucoup de bien à tout le monde. Vous constaterez comme les conflits diminuent très vite, voire disparaissent…
  • Pour réussir ce changement d’attitude vis à vis de soi, je ne saurais trop recommander tout ce qui permet de repérer, d’accueillir et de faire la paix avec soi-même, par exemple la méditation.
  • Il est important aussi de prendre soin de soi, avec bienveillance… Conserver du temps pour soi, quand on est parent, c’est indispensable, par exemple grâce à des activités sportives, culturelles ou autres. En effet, se dévouer perpétuellement, se sacrifier, cela conduit à l’épuisement et l’épuisement risque d’entraîner de la nervosité, de la tristesse, des reproches, parfois des explosions de colère. Et tout cela est fort peu sécurisant pour l’enfant.
  • Si les blessures sont trop profondes, elles demanderont peut-être l’intervention d’un moment de thérapie pour en finir avec la souffrance…

Nous resterons à jamais les parents de nos enfants. Quand ils avanceront vers l’adolescence, ils se détacheront mais il faudra alors leur offrir un détachement sécure. Il faudra qu’ils puissent revenir à leur port d’attache retrouver calme et sécurité après être partis à l’aventure et à la découverte de la haute mer et de la vie…Il faudra qu’ils nous retrouvent et puissent toujours nous faire confiance, parce que nous serons solides et calmes, toujours ouverts et accueillants, comme nous aurons appris à l’être pour nous-mêmes…

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*cert article est sorti au numéro 4 du magazine innovation en education.